Vendredi 3 mars 2006
Bienvenue... :-)

(Note : pour ceux qui débarquent sur ce modeste blog, j'ai fait une mini-FAQ à la fin de ce post)

Nous vivons dans un monde financier.

Cette simple tendance, amorcée durant la fièvre boursicotrice des années quatre-vingt, renforcée par l'échec d'une illusoire "nouvelle économie" (les start-up vous connaissez ? certaines aurait pu soutenir la comparaison avec un ballon de baudruche : rien dedans, et il suffit d'une épingle mal placée...), fait aujourd'hui force de loi.

Les entreprises se sont alors focalisées sur ce qui semble être la seule chose concrète en ce monde cruel, le seul idéal qui en vaille la peine, mais oui, vous savez, le truc pour lequel des milliards de gens trîment à en perdre haleine, et parfois la vie, le truc le plus mal réparti de l'univers : l'oseille, le flouze, la maille, mais oui bien sûr : l'argent.


Pourquoi, me demandez-vous, ça n'était pas le cas auparavant ?

Que nenni, mécréants ! Une entreprise traditionnelle mise avant tout sur ses produits, son marketing, sa communication, et investit dans la recherche et le développement afin de gagner des parts de marché, elle mise aussi sur le savoir-faire et l'expérience de ses employés pour développer une sorte de "culture" propre à l'entreprise, qui lui permet de fidéliser ses clients.


Vous allez me dire l'économie, tout ça, en quoi ça me concerne ? Attendez, vous allez pleurer...

Une majorité écrasante de grosses entreprises, pour la plupart mondiales, sont devenues des entreprises financières.
Quoi caisse ?

Une entreprise financière n'en a rien à faire de tout ça. Une entreprise financière est là pour faire des plus-values, afin de caresser ses actionnaires dans le sens du poil, qui est très chatouilleux, le poil...

Donc on fait de la spéculation à fond les patates.

On joue tout sur les valeurs boursières. On fait des placements financiers à bénéfices garantis. On privilégie le court terme. Certains sont allés jusqu'à truquer les comptes (les affaires Enron et Worldcom, vous connaissez ?), ou fait appel à des "blanchisseuses" (canal+, dans son excellente émission "Lundi Investigations", avait consacré un reportage édifiant sur ces firmes opaques, ou des sommes plus élevées que le nombre d'étoiles dans une galaxie s'évanouissaient mystérieusement, en réalité leur trace disparaîssait, mais pas l'argent).

Et on instaure l'ère de l'employé jetable.

Eh oui, que voulez-vous, ma bonne dame, c'est le progrès ! A partir du moment ou le monde n'est plus qu'un échiquier financier, tout devient possible.

Succursales fermées en un clin d'oeil (je n'ai pu m'empécher de pleurer avec cette femme, employée de longue date, qui a vu son entreprise (pourtant fort bien portante, financièrement parlant) fermée littéralement du jour au lendemain, les responsables ayant pris soin, en une nuit (véridique !), d'emporter toutes les machines-outils, et de saccager le reste), licenciements massifs, délocalisations, j'en passe et des dures à digérer.

Et on invente la flexibilité. Ca veut dire en gros que tes horaires de travail sont aussi variables que peut l'être le cours d'une action. Et que donc ta vie va dépendre d'une petite courbe sur un petit graphique surveillé très attentivement par une armée de robots à cols blancs et au costume toujours impeccable, là-bas, très loin de toi, quelque part à New-York ou à Tokyo, à Taipei ou à Séoul.

Un monde sans la bourse est-il possible ? difficile à dire. Mais un renforcement des moyens de contrôle, de la transparence, l'instauration d'un véritable "contre-pouvoir" mondial aux valeurs humaines et légalistes, certainement plus envisageable.

Une sorte d'"OMC" mais dont les initiales voudraient dire : Organisation Mondiale du Consommateur.


Avez-vous déjà entendu parler du gène-suicide ?

C'est très simple : auparavant, quand un(e) agriculteur(trice) récoltait le fruit de son labeur, il ou elle en réservait une partie afin de produire des semences, qu'il ou elle replantait l'année d'après, et le cycle pouvait recommencer.

Et puis voilà que les robots en costume-cravate (oui, les mêmes que tout-à-l'heure), ont eu l'idée de créer un véritable marché des semences.

Et pour que ce soit plus rentable, afin que le poil sensible de l'actionnaire (oui, le même poil que tout-à-l'heure) soit toujours lustré dans le bon sens, ils ont inventé un gène-suicide, qui fait que la plante meurt au bout d'un an, sans produire de semences, que l'agriculteur(trice) est contraint de racheter.

Difficile de faire autrement, à cause des brevets (oui, ces mêmes brevets qui veulent tuer les logiciels libres). D'après Wikipedia, "En France, 98% des semences (de plantes) autorisées à la vente sont brevetées".

Et ne parlons pas du système OGM, qui instaure un véritable contrat Faustien entre l'entreprise agricole et la firme productrice de semences...

Ce gène-suicide symbolise parfaitement la marche de l'économie mondiale. Le "tout-financier" est une impasse, mais peu de responsables l'ont compris, ou feignent de ne pas le comprendre.

Un employé est aussi un consommateur. S'il y a de moins en moins d'employés...
Alors les entreprises deviendront aussi virtuelles que ces points sur votre écran, de simples valeurs clignotantes qu'un seul souffle numérique suffira à éteindre, comme la flamme de cette bougie qui m'éclaire.

Dans le Nouveau Monde, les mots "éthique", "justice", et "solidarité" auront un sens concret.

...à bientôt ! ;-)


Mini-FAQ :

C'est quoi ce blog ? quel est le sens du poème en haut de la page ?
Quel est le but de ce blog ?
D'où vient ce titre bizzare ?

par dodarma publié dans : Le blog de Dodarma
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Commentaires

Dodarma, j'ai en enfin lu ton "maille"... aussi je pense bien évidemment aussi comme toa. Les TV sont devenues des groupes de presse, les médias des empires capitalistes ou politiques. Les artistes n'ont que trés peut de place de monde de technocrates à la mode du film "Brazil".

Les ouvriers.... le pauvre Marx s'il voyait ça, ne sont même pas des robots mais des mouchoirs jetables au nom de certains Dieux actionnaires qui ne sont pourtant aussi que de simples mortels comme eux et qui mangeront aussi un jour la poussière de toute façon avec ou sans fric.
Aller...

deux petites phrases de médiation (pas de méditation) :

"Le capital est un travail mort qui, comme un vampire, vit uniquement en aspirant le travail vivant, et plus il aspire, plus il se développe"

mais encore.............

"La machine est le sujet, et les ouvriers sont des organes conscients coordonnés aux organes inconscients de l'automate, et tous ensemble sont subordonnés à la force motrice centrale de la production capitaliste".

Karl Marx - Le Capital


Moi j'appel cela : Les charlos et le temps moderne :) Décidemment la théorie de l'évolution chez l'homme n'est vraiment que matérialiste. SousLaLune version 1 beta 3
commentaire n° : 1 posté par : Chercheur de lumiÚre dans la nuit (site web) le: 04/03/2006 16:09:43
Aujourd'hui la mode veut que tout le monde reprenne en cœur les mêmes âneries concernant les brevets sur les plantes!
On mêle semences, boutures ou greffes, ou mieux on omet de parler des deux dernières qui ont fait l'histoire de l'horticulture...
On plaint de larmes de crocodile le pauvre paysan qui ne peut ressemer son blé, sans savoir de quoi on parle exactement...
L'affaire est plus compliquée!
Sélectionner pour créer une nouvelle variété de pomme ou de framboise, demande une grande patience et quelque fois d'avoir de la fortune, mais c'est toujours un investissement!
En argent comme en intelligence...
C'est alors une création au même titre qu'un livre ou qu'une chanson, ou qu'un film...Et c'est bien normal d'en retirer en retour quelque revenu, comme des droits d'auteur!
En cela le brevet variétal qui ne dure que vingt ans, est la solution la plus acceptable!
N'en déplaise aux bavards de comptoirs...
commentaire n° : 2 posté par : daniel (site web) le: 11/03/2006 20:20:39
Cher Daniel,

Tout d'abord merci pour tes commentaires.
Effectivement, il faudrait faire la différence entre les entreprises agricoles qui investissent du temps et des recherches pour créer des semences destinées à leur propre usage particulier, qu'elles peuvent ensuite breveter et revendre, et d'immenses multinationales qui n'ont rien à voir au départ avec l'agriculture et qui se sont mis à investir massivement dans le rachat, la création et la mise en brevet de semences, mais leur volume de production et donc leurs prix sont tels qu'elles ont créé un quasi-monopole sur le vivant.

Ces entreprises ne sont que des entreprises FINANCIERES, elles n'ont aucun intérêt par exemple à préserver la bio-diversité, et des trucs comme l'avenir de l'agriculture, l'environnement, le developpement durable elles s'en foutent ROYALEMENT.

Un vrai agriculteur, lui, est obligé de tenir compte de l'environnement, de penser à l'avenir de sa profession, à ses petits-enfants, et il a bien du mal à être compétitif et à gagner sa vie par les temps qui courent...

C'est être un bavard de comptoir que d'écouter les agriculteurs parler et de constater le desastre ?
commentaire n° : 3 posté par : Dodarma (site web) le: 13/03/2006 16:01:58
Ce que je veux dire aussi, c'est que les agriculteurs ne font pas que semer des graines...
Y'en a aussi qui plantent des arbres fruitiers ou de la vigne...
Et là le problème de la création et de la propriété des variétés est tout autre...
D'un côté produire des semences est un art particulier où l'on trouve côte à côte de simples producteurs de graines de variétés fixées, souvent anciennes et libres de droits et qui font ça aussi par souci de préserver un patrimoine et de l'autre des sociétés à but strictement mercantile, munis d'une forte technologie qui leur permet d'inonder le marché avec des originalités qui n'en ont que le nom mais qui sont surtout faites pour lier pieds et poings ensemble, l'immense majorité des légumiers fournisseurs de la grande distribution.

J'y oppose tous ceux qui consacrent des années à d'inventer de nouvelles variétés de plantes plus ou moins vivaces, d'arbres et d'arbustes plus ou moins pérennes, en mesure d'alimenter cet autre grand marché consacré à la production fruitère...
Une production d'importance!
Ces création variétales sont de vraies créations, intellectuellement parlant!
Et c'est de toute logique qu'elles doivent être protégées, comme le sont les œuvres d'art!
Faut être un peu poète pour oser donner un nom à une découverte faite lors d'un semis de hasard et qui, le temps qu'on l'a observée d'années en années, s'en est venue grossir la panoplie des espèces cultivées, simplement parce que ses fruits étaient plus beaux que tous les fruits connus ou que son comportement en culture offrait un plus par rapport aux problèmes que rencontrent les producteurs...

Ce qui n'est pas la préoccupation première de Monsanto!
commentaire n° : 4 posté par : daniel (site web) le: 13/03/2006 20:25:24
Je crois qu'on s'est compris...

Il est évident que dans mon article je ne visais que les "world compagnies", ton activité (au passage, ton site est superbe :-)) est loin de constituer une menace pour la bio-diversité, bien au contraire, elle peut y contribuer...
Et comme tu le dis si bien, il s'agit d'une véritable activité créative, inventive, quasi-artistique...un véritable investissement humain.

Ce qui m'inquiète, c'est justement les firmes comme monsanto, qui non content d'envahir le marché avec des produits soi-disant "biodégradables" (dont on retrouve bizzarement des traces dans les cultures dix ans après), ont inondé littéralement le marché avec leurs semences "industrielles" qui elles, n'ont rien de créatif ni d'inventif, elles ne visent que le rendement à tout prix, et surtout, elles (ce type de compagnie) ne s'incrivent que dans le court terme en oubliant les lois de la nature, parce que c'est le principe même d'une entreprise basée sur l'actionariat et la spéculation financière (en fait, au fond, l'agriculture elles s'en fichent).

Ce qui me révolte, c'est l'absence de choix. Si tu es à la tête d'une entreprise agricole qui fournit par exemple la grande distribution, ou l'agro-alimentaire (exemples : maïs, tournesol, fruits, légumes et autres végétaux destinées à l'alimentation humaine), si tu veux avoir le moindre espoir d'être bénéficiaire, tu es obligé de choisir ces semences industrielles, forcément moins chères parce que produites en quantités... industrielles justement.

Dans ce type d'activité, le rendement est primordial, et les fournisseurs le savent parfaitement, il te font signer un contrat d'exclusivité qui fait que tu es pieds et poings liés avec la firme productrice de semences.

C'est encore plus flagrant avec les OGM, là le contrat est bétonné de toutes part, c'est pour celà que je fait allusion à Faust dans mon article, c'est un véritable pacte avec le diable.

Et je ne te parlerai pas des prets bancaires et du rôle que jouent les banques dans ce système ultra-vérouillé, il y aurait de quoi écrire un roman à suspense à l'échelle mondiale.

Voilà, Daniel, que ce sombre constat ne t'empêche pas de continuer à créer avec la poésie qui te caractérise de nouvelles variétés étonnantes dont tu peux être fier, foi de Dodarma ! :-)
commentaire n° : 5 posté par : Dodarma (site web) le: 13/03/2006 22:01:19
Un petit mot juste pour exprimer ma lassitude d'être considéré comme un consommateur. Je suis un être humain, on fait certes rentrer de la bouffe, des idées, de l'air, d'un côté, mais il en ressort quelque chose de l'autre. Dans l'exemplaire de la constitution européenne que j'ai lu le terme consommateur apparaissait avant celui de citoyen.
Excusez moi, mon intervention n'a que peu à voir avec cette note.
commentaire n° : 6 posté par : hibou (site web) le: 27/03/2006 19:14:06
Tout d'abord Hibou, merci pour ton commentaire, et pour ton blog poétique et inspirant.

Dans mon petit texte je ne parlais de consommateur
que dans un sens juridique : il s'agit de défendre les droits des êtres humains face à cette machine commerciale mondialisée de plus en plus écrasante.

Je pense que dans tous les domaines il faut faire correspondre un pouvoir à un contre-pouvoir pour que les simples humains comme nous aient une chance d'être entendus, et que la notion de transparence ne reste pas qu'un vague concept.
commentaire n° : 7 posté par : Dodarma (site web) le: 07/04/2006 19:05:30
Bien sur j'avais compris le sens auquel il était employé et le but surtout que j'approuve. Je suis d'accord avec le fond mais ce terme est tellement seriné médiatisé que j'aime rappelé qu'il n'est pas tout. Comme un petit pinailleur que je suis.
Merci d'avoir visité mon site.
commentaire n° : 8 posté par : hibou (site web) le: 11/04/2006 00:47:30
Il faut etre artiste! pas de patron qui licencie dans ce metier là, il ya a que toi qui peut te juger, te critiquer, t'evoluer etc... dommage qu'il ya ait peu de gens qui suit ce chemin là, tout le monde veux une vie facile avec un salaire ponctuel, et bien quand on desire cela, on devient dependant de la societé qui nous deprimes chaque jour et on risque gros quand on est pas maitre de son avenir et quand on a en plus des enfants a nourrir... le papier pour moi est un support de dessin ou d'ecriture, ce n'est pas de l'argent ou un diplome. la vrai valeur et les connaissance se trouve dans le cerveau, pas dans un materiel aussi souple et fragile que le papier, c'est une moquerie qui dure depuis trop longtemps pour que j'y prenne partie, quand on comprend cela jeune, on devient jamais employé de quoi que se soit et donc encore moins licencié et desilusioné. Je plein les gens manipulé mais ils m'ont apris a me mefier pour pas qu'on me fasse pareil. Il y a une alternative a cette societé, je l'ai emprunté, je suis heureux et jamais ennuyé.
commentaire n° : 9 posté par : satyr (site web) le: 12/10/2006 06:16:39

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